Dossier : Les ULIS (UPI) des lycées professionnels


Citations à méditer


- « L’un des principaux obstacles à l’insertion professionnelle des personnes handicapées est leur faible niveau de qualification »". " L’absence de qualification, fortement corrélée avec le chômage dans l’ensemble de la population active, l’est encore plus fortement lorsqu’une déficience vient ajouter un autre handicap" - Dominique Velche" Revue Handicap n°88, octobre et décembre 2000 (p53 & p60)"


- "Un grand nombre de travailleurs handicapés sont plus handicapés par leur faible qualification que par une déficience lourde" CTNERHI. Dossier professionnel n095 (p.48)"


- "La véritable et seule difficulté pour un jeune travailleur handicapé n’est pas le handicap, c’est la compétence" (""") Dès lors, il ne s’agit pas de traiter un handicap, mais un manque de compétences" Yves Lachaud Rapport 2006 (p5)


Document de guidance concernant les UPI en lycée


En cours de construction

Bibliographie


En cours de construction

Ressources législatives et réglementaires


  • Circulaire n°2001-035 du 21 février 2001 : scolarisation des élèves handicapés dans les établissements du second degré et développement des unités pédagogiques d’intégration (UPI). BOEN n°9 du 9 mars 2001.
  • Circulaire n°2002-111 du 30 avril 2002 : des ressources au service d’une scolarité réussie pour tous les élèves. BOEN n°19 du 9 mai 2002.
  • Loi n°2005-102 du Il février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. JO. n036 du 12 février 2005.
  • Décret n°2005-1587 du 19 décembre 2005 relatif à la maison départementale des personnes handicapées. JO. n° 295 du 20 décembre 2005.
  • Décret n°2005-1589 du 19 décembre 2005 relatif à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. JO. n° 295 du 20 décembre 2005.
  • Décret n°2005-1752 du 30 décembre 2005 relatif au parcours de formation des élèves présentant un handicap. JO. n° 304 du 31 décembre 2005.
  • Circulaire n°2006-126 du 17 août 2006 : mise en œuvre et suivi du projet personnalisé de scolarisation. BOEN n032 du 7 septembre 2006.
  • Arrêté du 17 août 2006 relatif aux enseignants référents et à leurs secteurs d’intervention. JO. du 20 août 2006. BOEN n°32 du 7 septembre 2006.
  • Circulaire interministérielle n°2005-124 du 8 mars 2005 : prise en charge des personnes atteintes d’autisme et de TED. BOEN n°15 du 14 avril 2005.

Formation, emploi et chômage des personnes handicapées (Rapport 2006 d’Y. Lachaud)


- Formation : Le niveau de formation des travailleurs handicapés est significativement inférieur à la moyenne nationale : un tiers n’a aucun diplôme (contre 15 % pour l’ensemble de la population active) et 12 % seulement ont un diplôme de l’enseignement supérieur (contre 26 % de la population active dans son ensemble) ; en 2000, 85 % des travailleurs handicapés inscrits à l’ANPE avait un niveau de formation inférieur ou égal au CAP/BEP.

- Emploi :
On compte 643 000 personnes handicapées actives, sur un total de 880000 personnes handicapées en âge de travailler (chiffres de 2003). Sur ces 643000 travailleurs handicapés, 500000 sont employés en milieu ordinaire-150 000 dans le secteur public, 350000 dans le secteur privé—,120 000 sont employés en milieu protégé, dont 100000 en CAT, et 23000 sont des travailleurs indépendants. Une proportion importante (23 %) des personnes handicapées occupent un emploi à temps partiel (contre 16 % de la population active).

- Chômage : Les travailleurs handicapés sont davantage touchés par le chômage, avec un taux de chômage près de trois fois supérieur à celui de la population dite valide. 245 780 personnes handicapées étaient à la recherche d’un emploi en janvier 2004, soit 7,1 % des demandeurs d’emploi, 158000 étant demandeurs d’un emploi à temps complet. Elles sont souvent au chômage depuis plus longtemps que les personnes valides, ont une moyenne d’âge plus élevée que la moyenne (27 % sont âgés de 50 ans et plus, contre 15 % pour l’ensemble des chômeurs) et sont souvent faiblement qualifiées-45 % ont un niveau de qualification de manœuvre, d’ouvrier spécialisé ou d’employé non qualifié, contre 23 % pour les autres publics. Enfin certains handicaps sont plus pénalisants que d’autres, car plus méconnus, en particulier les handicaps psychiques.

Données indiquées dans ce Rapport (pp 5, 8 &9).

- Situation de l’emploi des personnes handicapées. En 2005, 680 000 personnes handicapées sont en activité, contre 650000 en 2004, soit une augmentation de plus 4,6 %. Ces personnes sont majoritairement dans le secteur ordinaire plutôt qu’en milieu protégé. En effet, les travailleurs handicapés se répartissent ainsi :
- 535 100 employés en milieu salarié ordinaire (79 %), dont : .160000 dans le secteur public, .375000 dans le secteur privé (y compris entreprises adaptées), -35000 (5 %) sont des travailleurs indépendants,
- 110000 (16 %) France sixsont en milieu protégé, dans les établissements et services d’aide par le travail (ESAT).

- Taux de chômage des travailleurs handicapés. Les personnes handicapées sont, aujourd’hui encore, deux fois plus touchées par le chômage que le reste de la population active : elles sont en moyenne de 17 % à ne pas trouver un emploi, contre 8,8 % pour l’ensemble de la population active française. 246 000 demandeurs d’emploi handicapés sont signalés en août 2006. Depuis la loi du Il février 2005, le nombre de demandeurs d’emploi handicapés a diminué de 6 %. Ce taux peut être beaucoup plus élevé selon les tranches d’âge, en particulier pour les 15-24 ans, pour lesquels il atteint le pourcentage de 28 %. Niveau de qualification des travailleurs handicapés. Le faible niveau de qualification de ces travailleurs constitue une difficulté supplémentaire dans la recherche d’emploi. 82 % des demandeurs d’emploi handicapés ont un niveau de formation inférieure ou égale au CAP/BEP, contre 61 % pour les autres publics ; 7 % seulement ont un niveau supérieur ou égal à Bac plus 2, contre 22 % pour les autres publics. La formation professionnelle est donc un levier d’action qu’il faut mobiliser pour lutter contre le chômage des personnes handicapées.

Données extraites de : Gérard Larcher et Philippe Bas. Un parcours professionnel pour chaque personne handicapée. 15 novembre 2006 (pp.2 &3) (p.11).


Comment appréhender l’insertion professionnelle ?


Au niveau individuel, l’insertion professionnelle désigne un processus temporel de passage d’un état initial un état final supposé souhaité, donc recherché, par les individus, via éventuellement le passage par un certain nombre d’états intermédiaires transitoires. Une cohorte peut être considérée comme insérée dès lors que l’essentiel du groupe a atteint l’étape finale ou, du moins, ne progresse plus vers cet état. La période d’insertion peut également être considérée comme le temps nécessaire pour que la cohorte rejoigne le niveau observé par une population plus âgée expérimentée.

D’un point de vue pratique, l’insertion professionnelle des jeunes qui a donné lieu, au fil du temps et des approches, à de multiples définitions. Cette multiplicité des définitions renvoie en partie à son caractère multidimensionnel et invite à retenir non pas une mais plusieurs façons de l’appréhender. ( ... )

Cinq conceptions de l’insertion, illustrées chacune par des indicateurs spécifiques ,( sont ainsi envisageables).
- Dans la première conception, l’état final est tout simplement caractérisé par l’entrée dans la vie active. De fait, la proportion d’inactifs au sein de la génération 98 diminue de moitié entre la première et la troisième année après la sortie du système éducatif.
- L’état final peut être caractérisé par l’accès à l’emploi. Dans cette perspective, le chômage est envisagé comme un état intermédiaire non souhaité, état qui est d’ailleurs surreprésenté dans la génération 98 si on la compare avec les individus âgés de 35 à 45 ans.
- Dans la troisième conception, la fin de la période d’insertion renvoie non plus simplement à l’accès à l’emploi mais au maintien en emploi, les individus atteignant alors une « position stabilisée dans le système d’emploi ». ( ... ) cette approche de l’insertion est illustrée par la proportion de jeunes ayant travaillé durant 12 mois consécutifs et, en creux, par le taux de sorties de l’emploi vers le chômage.
- Mais l’état final peut être plus précis et renvoyer à la notion d’emploi stable, vu comme une situation professionnelle qui facilite l’autonomie financière et a quelques chances de ne pas être remise en cause trop rapidement. La prise en compte de la nature des contrats de travail s’inscrit dans cette perspective, les formes d’emploi à durée déterminée étant considérées comme des états intermédiaires transitoires.
- Enfin, dans une autre conception plus subjective de l’insertion professionnelle, l’état final peut être vu comme l’obtention d’un « emploi définitif », par opposition à un « emploi d’attente », autrement dit un emploi que les individus estiment pouvoir conserver, qui ne s’éloigne pas trop de leurs attentes et qu’ils estiment ne pas pouvoir améliorer à court terme. Cette conception est appréhendée à partir de la proportion de jeunes qui travaillent mais déclarent être à la recherche d’un autre emploi.

Document extrait de Bref n° 234, octobre 2006 (p.4). CEREQ. Marseille.« Les sept premières années de vie active de la génération 98. Entre insertion et débuts de carrière. »


Formation et insertion des jeunes handicapés. Propositions du rapport d’Yves Lachaud (02/2006).


Propositions du rapport d’Yves Lachaud (février 2006).Donner à chaque jeune handicapé une orientation validée par une mise en situation professionnelle.Favoriser l’entrée sur le marché du travail par la voie professionnelle et l’alternance,en développant et valorisant les stages en entreprise.Systématiser l’accompagnement des jeunes handicapés par un tuteur.Créer un guichet unique, un interlocuteur référent pour les entreprises et mieux coordonner les différents acteurs de l’insertion professionnelle.Valoriser toutes les actions des entreprises en faveur de l’insertion professionnelle.Décerner un label « Solidaire handicap » pour récompenser les entreprises.Prospecter les entreprises et améliorer la diffusion de l’information sur les offres d’emploi.Informer, sensibiliser, former tous les personnels des entreprises pour changer les mentalités.Développer une offre d’emploi conforme au niveau des jeunes handicapés.Les mesures proposées en faveur de l’insertion professionnelle des personnes handicapées.Proposer un chemin d’insertion professionnelle à chacun.Un objectif : offrir un parcours d’insertion professionnelle à chaque personne handicapée en recherche d’emploi.Un engagement : le faire dans un délai de six mois. Huit mesures :
- proposer dans un délai de six mois un chemin d’insertion professionnelle à chaque personne handicapée en recherche d’emploi.
- recruter un référent « insertion professionnelle » dans chaque Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
- former les équipes pluridisciplinaires des Maisons départementales des personnes handicapées.
- associer un conseiller ANPE et un conseiller CAP Emploi aux équipes pluridisciplinaires des Maisons départementales des personnes handicapées.
- Désigner un« correspondant handicap » de l’ANPE dans chaque bassin d’emploi.
- Coordonner l’action de l’ANPE, des Cap emploi et des Maisons départementales despersonnes handicapées.
- Mobiliser les dispositifs de formation en faveur des travailleurs handicapés.
- Associer les Maisons départementales des personnes handicapées aux programmesdépartementaux d’insertion professionnelle (PD ITH).Texte extrait d’ « Un parcours professionnel pour chaque personne handicapée » (G.Larcher & Ph.Bas). 15 novembre 2006.Les mesures proposées en faveur de l’insertion professionnelle des personnes handicapées.Proposer un chemin d’insertion professionnelle à chacun.Un objectif : offrir un parcours d’insertion professionnelle à chaque personne handicapée en recherche d’emploi.Un engagement : le faire dans un délai de six mois. Huit mesures :
- proposer dans un délai de six mois un chemin d’insertion professionnelle à chaque personne handicapée en recherche d’emploi.
- recruter un référent « insertion professionnelle » dans chaque Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
- former les équipes pluridisciplinaires des Maisons départementales des personnes handicapées.
- associer un conseiller ANPE et un conseiller CAP Emploi aux équipes pluridisciplinaires des Maisons départementales des personnes handicapées.
- Désigner un« correspondant handicap » de l’ANPE dans chaque bassin d’emploi.
- Coordonner l’action de l’ANPE, des Cap emploi et des Maisons départementales despersonnes handicapées.
- Mobiliser les dispositifs de formation en faveur des travailleurs handicapés.
- Associer les Maisons départementales des personnes handicapées aux programmesdépartementaux d’insertion professionnelle (PD ITH).Texte extrait d’ « Un parcours professionnel pour chaque personne handicapée » (G.Larcher & Ph.Bas). 15 novembre 2006.Le référent " insertion professionnelle » de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).Le référent pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées doit veiller à ce que l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH intègre la dimension professionnelle dans le projet de vie de la personne handicapée.Il participe à l’organisation est à la coordination des travaux de l’équipe pluridisciplinaire en matière d’évaluation et d’orientation professionnelle.Il fait le lien entre l’équipe pluridisciplinaire et les services de l’emploi ( ANPE et CAP emploi) et organise les modalités concrètes de participation des acteurs du service public de l’emploi aux travaux de cette équipe.Il coordonne les actions d’accompagnement social ou médico-social avec le parcours d’accompagnement vers l’emploi mis en œuvre par les services de l’emploi.Il contribue à la formation des personnes handicapées au sein de la Maison départementale des personnes handicapées et fait valoir leurs besoins pour améliorer leur insertion professionnelle.Il a un rôle analogue au référent pour la scolarité et son suivi.Les référents « insertion professionnelle » étaient censés avoir été recrutés par les Maisons départementales des personnes handicapées à la fin du premier trimestre de 2007.

Une UPI en Lycée Professionnel à Verrières en Forez (Loire).


I. Présentation :

1. Le Lycée du Haut-Forez :

L’UPI de Verrières en Forez a vu le jour en septembre 2002.Elle accueille cette année huit élèves agés de 16 à 19 ans ; certains sont porteurs du syndrome de Trisomie 21, d’autres ont un retard mental et un élève présente des troubles autistiques. Tous présentent des troubles importants des fonctions cognitives. A cela s’ajoute des niveaux différents sur le plan des apprentissages, même s’ils ont été scolarisé ( CLIS, UPI de collège).Ce dispositif s’inscrit dans la politique général d’intégration, le lycée représentant la suite logique du collège. Ces élèves ont un réel besoin de continuer leur apprentissage, notamment dans le domaine professionnel. Or, le lycée professionnel du Haut-Forez propose un dispositif de formation professionnelle CAP, BEP et Baccalauréat Professionnel dans les domaines de l’hôtellerie, l’alimentation, l’hygiène et la santé.

2. Coordination de l’UPI :

La particularité de cette UPI est qu’elle fonctionne avec des enseignantes du second degré :Ma collègue, Betty Picot, PLP2 Bio-technologie, enseigne l ’hygiène et la sécurité des locaux ainsi que la VSP et est en charge de leur intégration dans les enseignements professionnels.Pour ma part, j’enseigne le Français et l’Histoire-Géographie et je suis chargée dans ce dispositif de leur intégration dans les enseignements généraux.Comment expliquer que deux enseignantes du second degré et de disciplines différentes ont en charge une UPI et que cela fonctionne plutôt bien ?Je pense que notre complémentarité est un atout tant sur le plan des relations personnelles que sur le plan professionnel. Il est important pour nous de continuer à enseigner nos disciplines aux classes " ordinaires » que sont les CAP et BEP. Ceci nous permet de rester proche des exigences de nos disciplines.Je ne peux, de par la spécificité de mes disciplines, couvrir le champ professionnel ( prise en charge par ma collègue et les éducatrices du SESSAD) et les autres matières indispensables que sont les mathématiques, l’anglais et l’EPS, c’est pourquoi nous faisons intervenir dans le cadre de l’UPI, les collègues des trois disciplines évoquées.L’efficacité et la complémentarité de l’équipe permet le bon fonctionnement de l’UPI. La réunion hebdomadaire du mardi rend possible l’évocation des difficultés rencontrées et la mise en relation des différents partenaires que sont :L’équipe enseignanteLes AVSLes éducatrices du SESSAD ( Geist 21 et Adapei)La documentaliste qui est une aide dans l’accueil des élèves et des projets pédagogiquesL’infirmière du lycée.Je pense que chacun a trouvé sa place. Il règne une ambiance conviviale qui s’accompagne de soutien et de solidarité.Le travail en équipe a été une réelle motivation pour accepter le poste de coordinatrice de l’UPI ainsi que l’idée de travailler avec des élèves handicapés et en très grande difficulté d’apprentissage.Pour mener à bien ce travail, je me suis inscrite au 1er plan de formation des enseignants du second dé gré : le 2 CA-SH option D, qui est une certification complémentaire, un premier pas vers la reconnaissance d’une spécialisation.Il reste à noter qu’il est toujours difficile du point de vue administratif de faire " reconnaître » notre statut de professeur second degré coordinateur d’une UPI.

II.L’organisation des enseignements en UPI :

1. Les intégrations

Chaque début d’année scolaire débute par la mise en place des emplois du temps des élèves de l’UPI. Nous cherchons pour nos huit élèves des intégrations dans les domaines qui correspondent au projet professionnel de chacun.Les formations proposées et qui nous semblent le mieux adaptées à ce public s’articulent autour de deux CAP :Agent Polyvalent de RestaurationMaintenance et Hygiène de LocauxEt de trois BEP :Hôtellerie-RestaurationBioservices dominantes alimentationCarrières sanitaire et sociale .Pour que les intégrations se déroulent dans les meilleures conditions aussi bien du coté des élèves que des professeurs qui les accueillent, il est souhaitable que les élèves UPI soient accompagnés dans leur apprentissage. Pour cela les A VS-CO sont des éléments indispensables dans la réussite et le suivi des intégrations en enseignement général et professionnel.Je tiens à souligner la présence indispensable des services de soins dans cette démarche que sont : le Sessad de l’Alauda ( Adapei) qui délègue une éducatrice pour l’accompagnement de l’une de nos élèves.Geist 21 et la présence d’une éducatrice technique spécialisée qui suit 5 de nos 8 élèves et qui anime un atelier cuisine .Même si ces dernières années, nous nous heurtons au problème des suppressions de postes, je salue la volonté des collègues qui réussissent à contourner l’ obstacle du manque de place tout en adaptant leur pédagogie afin d’accueillir nos élèves de l’UPI.

2. L’enseignement au sein de l’UPI :

Les élèves qui ne sont pas en intégration se regroupent dans la salle UPI. Je dois reconnaître que les débuts n’ont pas toujours été faciles et je me suis souvent demandé si j’étais à la hauteur de la tâche demandée.En effet, je me suis heurté à la difficulté de faire étudier des textes littéraires avec des élèves non-lecteurs ( seuls 2 élèves cette année sont lecteurs) :Certains ne décodent pas.D’autres déchiffrent mais ne peuvent accéder au sens du texte.L’ensemble du groupe a un problème de mémoire et une compréhension faible de l’histoire.Je me suis donc questionné sur la mise en place d’un dispositif pédagogique qui prenne en compte les difficultés rencontrées par les élèves et les exigences de la discipline. Comment aider les élèves à comprendre, construire le sens d’un texte littéraire ?Nous avons mis en place un atelier lecture où la lecture du texte se fait à voix haute et est prise en charge par la documentaliste et moi-même pour dépasser l’obstacle du déchiffrage et leur permettre d’avoir accès à la compréhension large du texte.Je pense que ce poste exige de ne pas travailler seule et que certaines réponses se construisent à partir d’une réflexion commune, de partage de point de vue ... En somme que le projet pédagogique fasse appel aux savoirs-faire et aux qualités de chacun de nous.

III.Perspectives professionnelles :

1. Les élèves

Depuis la création de l’UPI, aucun de nos élèves n’a été présenté pour passer un diplôme ( CAP ou BEP). Les difficultés inhérentes à la compréhension des textes écrits et à l’écriture proprement dit d’un texte rédigé et construit reste un obstacle à la préparation d’un diplôme même si en CAP l’examen se déroule en contrôle continu tout au long de l’année scolaire.C’est pourquoi nous avons en projet la validation des acquis professionnels et/ou la construction d’un livret de compétence qui permettrait à l’élève quittant le lycée sans être diplômé de faire connaître les savoirs et savoirs-faire acquis au cours de sa scolarité.Pour l’instant, nous nous appuyons sur les bulletins scolaires que nous avons construits avec l’aide d’un conseiller pédagogique AIS, et qui relatent les temps d’intégration et les temps d’enseignement en UPI. Ceci permet pour chaque trimestre d’avoir une évaluation de chacun de nos huit élèves.L’évaluation n’est pas forcément synonyme de notes, d’ailleurs aucune note n’apparaît dans la partie enseignement en UPI et c’est un choix de l’équipe enseignante Cependant il en est tout autrement lors de certaines intégrations comme en EPS, entretien et hygiène des locaux, en Self ... En somme tout ce qui ne fait pas appel à l’écrit.Ce bulletin trimestriel n’est pas le même que nos élèves "ordinaires » mais le conseil de classe se déroule suivant le schéma habituel avec la Proviseure adjointe ou le Proviseur, un délégué élu, la professeure principale et l’équipe enseignante.Ce moment nous permet une évaluation de la situation aussi bien dans le domaine de l’intégration de l’élève au sein du lycée que de ses progrès dans les apprentissages. Il reste essentiel pour vérifier que l’orientation professionnelle choisie reste pertinante.

2. Les enseignants :

Aujourd’hui je reste motivée pour continuer à me former dans la connaissance des élèves déficients dont j’ai la charge et je m’inscris régulièrement aux stages nationaux proposé par l’Education Nationale portant sur le handicap : autisme, coordinateur d’une UPI, troubles du comportement etc ...Il me semble indispensable à l’heure de la loi sur le handicap qu’il y est une reconnaissance des UPI en lycées professionnels ainsi que du personnel second degré et donc que des moyens budgétaires soient alloués pour permettre un fonctionnement efficace.Un premier pas s’est fait avec la mise en place du 2 CA-SH et donc une reconnaissance institutionnelle de la prise en charge de ce dispositif par des enseignants second degré. Mais il reste à organiser les heures de face à face pédagogique, les heures de réunion avec l’ensemble de l’équipe et les heures de synthèse de chacun de nos élèves sans compter le travail administratif le plus souvent non rémunéré et qui n’apparaît pas dans les emplois du temps des professeurs coordinateurs.« Soyons réaliste, demandons l’impossible ».

Sandrine DARNON, PLP2 Lettres-Histoire­ Géographie, coordinatrice UPI.Lycée professionnel du Haut-Forez- 42600 Verrières en Forez


Enquête ULIS-LP


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